La location de plantes en charge déductible est l’une des premières questions que se posent un dirigeant, un office manager ou un gérant de restaurant au moment de végétaliser ses locaux. La réponse est, dans la grande majorité des cas, positive : les loyers et prestations d’entretien engagés pour les besoins de l’activité constituent des frais généraux qui viennent diminuer le résultat imposable, et la TVA facturée peut être récupérée par une entreprise qui y est assujettie. Mais les règles varient selon votre statut, votre régime fiscal et l’usage réel des plantes : une société soumise à l’impôt sur les sociétés, un médecin libéral, un micro-entrepreneur ou une association ne sont pas dans la même situation. Cet article fait le point de manière générale et prudente sur la déduction des loyers, l’enregistrement comptable, la TVA, le cas des professions libérales et les limites à connaître. Il ne remplace pas l’avis de votre expert-comptable, qui reste le seul à pouvoir valider le traitement adapté à votre dossier.

Pourquoi la location de plantes est-elle une charge déductible ?
Le principe de base est posé par l’article 39 du Code général des impôts : les frais généraux de toute nature sont déductibles du bénéfice dès lors qu’ils sont engagés dans l’intérêt de l’entreprise, qu’ils correspondent à une dépense réelle, qu’ils sont justifiés par une pièce comptable et qu’ils ne sont pas excessifs au regard de l’activité. Louer des plantes pour un accueil, un open space, une salle de restaurant ou une vitrine répond en règle générale à ces critères : il s’agit d’aménager et d’entretenir les locaux où l’activité s’exerce, au même titre que la location de mobilier, de fontaines à eau ou de photocopieurs. Lorsque vous signez un contrat d’entretien de plantes ou une formule de location avec entretien, les loyers mensuels et les passages du paysagiste d’intérieur sont donc des charges d’exploitation classiques. Que l’entreprise relève de l’impôt sur les sociétés ou de l’impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux au régime réel, la logique est identique : la charge réduit le résultat sur lequel l’impôt est calculé.
L’intérêt de l’entreprise, critère central
Tout repose sur une question simple : à quoi servent les plantes ? Si elles décorent les locaux professionnels, améliorent le confort des salariés, accueillent la clientèle ou valorisent un stand, le lien avec l’activité est évident et la déduction des loyers ne pose en principe pas de difficulté. L’administration peut en revanche contester une dépense qui profite surtout à une personne, par exemple des plantes installées au domicile privé du dirigeant sans usage professionnel, ou une dépense manifestement disproportionnée par rapport à la taille et aux moyens de la structure. Le montant compte donc aussi : une composition végétale ambitieuse se justifie facilement dans le hall d’un hôtel ou le siège d’une entreprise qui reçoit, beaucoup moins dans un petit bureau sans public si elle représente une part démesurée des charges. Il n’existe pas de plafond chiffré pour ce type de dépense, c’est une appréciation au cas par cas. Conserver le contrat, les devis et une description des espaces concernés permet de démontrer facilement l’usage professionnel en cas de question.
Comment la location est enregistrée en comptabilité
Dans le Plan comptable général, les loyers de biens meubles pris en location sont habituellement enregistrés au compte 6135 « Locations mobilières », qui accueille déjà la location de matériel, de mobilier ou de véhicules de courte durée. Les plantes louées, restées la propriété du prestataire, n’entrent pas dans le patrimoine de l’entreprise et n’ont donc pas à être immobilisées ni amorties : seule la charge périodique apparaît dans les comptes. Lorsque la facture distingue une prestation d’entretien, certains comptables l’isolent dans un compte d’entretien et réparations de la classe 61, d’autres conservent l’ensemble au compte 6135 si la location et l’entretien forment une prestation globale indissociable. Ce choix relève de votre cabinet comptable et n’a pas d’incidence sur le caractère déductible de la dépense. En fin d’exercice, si un loyer couvre une période à cheval sur deux exercices, la fraction concernant l’exercice suivant est en principe neutralisée par une charge constatée d’avance, comme pour tout autre loyer payé à l’avance.
Location de plantes et TVA : que peut-on récupérer ?
Au-delà de l’impôt sur le résultat, la question de la TVA sur la location est souvent décisive pour comparer les offres. Le prestataire facture ses loyers et prestations avec la TVA, et tout dépend ensuite de votre propre situation au regard de cette taxe. Le sujet est d’ailleurs le même, quelle que soit la raison de votre projet : que vous cherchiez un meilleur accueil, une ambiance plus chaleureuse ou que vous vous soyez renseigné sur les plantes dépolluantes au bureau, c’est l’usage professionnel des plantes qui compte pour l’administration, pas la motivation esthétique ou sanitaire. Une entreprise assujettie qui réalise des opérations taxables déduit en principe la TVA mentionnée sur ses factures, ce qui ramène le coût réel de la location à son montant hors taxe. À l’inverse, une structure qui ne collecte pas de TVA supporte le montant toutes taxes comprises, qui devient alors sa charge. Le tableau ci-dessous résume les situations les plus courantes, à titre général.
| Situation | Traitement de la TVA en principe |
|---|---|
| Société ou entreprise individuelle assujettie | TVA déductible, charge retenue au montant HT |
| Micro-entrepreneur en franchise en base | TVA non récupérable, charge supportée TTC |
| Profession de santé exonérée de TVA | TVA non récupérable sur les dépenses liées à l’activité exonérée |
| Association non assujettie | TVA non récupérable, dépense supportée TTC |
| Activité mixte, taxable et exonérée | Déduction partielle selon un coefficient, à calculer avec le comptable |
Entreprise assujettie : une TVA déductible sur facture
Pour exercer son droit à déduction, l’entreprise doit disposer d’une facture régulière, établie à son nom, mentionnant notamment le numéro de TVA du prestataire, la désignation des prestations, le montant hors taxe, le taux et le montant de la taxe. La dépense doit être nécessaire à une activité soumise à la TVA. Dans ce cas, la TVA sur les loyers de plantes est portée dans la déclaration de TVA de la période au cours de laquelle elle devient exigible chez le prestataire. Pour une prestation de services comme une location, l’exigibilité intervient en principe à l’encaissement, sauf si le prestataire a opté pour les débits, ce qui figure alors sur sa facture. En pratique, votre comptable ou votre logiciel de gestion gère ce décalage de manière automatique. Les formules avec prélèvement mensuel produisent souvent une facture par échéance, ou une facture récapitulative annuelle : l’essentiel est de pouvoir rattacher chaque montant déduit à une pièce justificative conservée.
Taux de TVA : toujours lire la facture
Le taux applicable dépend de la nature de l’opération facturée, et non du simple fait qu’il s’agisse de plantes. La vente de plantes d’ornement vivantes peut relever d’un taux réduit dans certaines conditions prévues par le Code général des impôts, alors que la location d’un bien et les prestations de services comme l’entretien sont en général soumises au taux normal de 20 %. Une même entreprise peut donc recevoir des factures à des taux différents selon qu’elle achète quelques plantes, loue un ensemble de bacs ou confie seulement l’entretien de plantes qu’elle possède déjà. Il n’y a pas lieu de s’en inquiéter : c’est au prestataire d’appliquer le bon taux, et pour une entreprise assujettie la TVA reste déductible quel que soit ce taux. En revanche, pour une structure qui ne récupère pas la TVA, l’écart de taux influe directement sur le coût final, ce qui mérite d’être intégré lorsque vous comparez une location et un achat.
Quand la TVA n’est pas récupérable
Plusieurs situations privent l’entreprise de la récupération de la TVA. Le micro-entrepreneur placé sous le régime de la franchise en base de TVA ne facture pas la taxe à ses clients et ne peut donc pas déduire celle qu’il paie. Les activités exonérées, comme une grande partie des soins dispensés par les professions de santé, une partie de l’enseignement ou certaines activités associatives, n’ouvrent pas non plus droit à déduction pour les dépenses qui s’y rattachent. Pour ces structures, la location de plantes coûte son montant toutes taxes comprises, et c’est ce montant qui constitue la charge. Les organismes qui exercent à la fois des activités taxables et exonérées, par exemple une clinique disposant d’un service commercial, appliquent un coefficient de déduction propre à leur situation. Ce calcul est technique et doit être confié au comptable. Pour ces publics, il est utile de demander au prestataire des devis clairement présentés en hors taxe et en toutes taxes comprises, afin de raisonner sur le bon montant dès le départ.
Professions libérales et indépendants : quelle déduction ?
Les avocats, architectes, kinésithérapeutes, consultants ou experts-comptables qui exercent en nom propre relèvent en général des bénéfices non commerciaux, les BNC. Le raisonnement reste proche de celui des entreprises commerciales : une dépense nécessaire à l’exercice de la profession est déductible des recettes, à condition d’être justifiée. Des plantes louées pour la salle d’attente d’un cabinet, un bureau qui reçoit des clients ou un espace de coworking partagé entre associés entrent en principe dans ce cadre. La différence tient surtout au régime d’imposition choisi et au lieu d’exercice, qui peuvent changer complètement la donne. Avant de comparer les formules, et de vous demander s’il vaut mieux louer ou acheter ses plantes, il est donc utile de savoir si vos charges réelles sont prises en compte. Pour une société d’exercice libéral soumise à l’impôt sur les sociétés, ce sont les règles des sociétés décrites plus haut qui s’appliquent. Les mêmes principes valent pour les praticiens installés en maison de santé.
Au régime de la déclaration contrôlée
Le professionnel libéral au régime de la déclaration contrôlée déclare chaque année ses recettes et ses dépenses professionnelles réelles sur la déclaration n° 2035. Les loyers de plantes s’y inscrivent dans la rubrique consacrée aux locations de matériel et de mobilier, tandis qu’une prestation d’entretien facturée à part peut rejoindre les frais d’entretien et de réparations, selon la présentation retenue par le comptable. La comptabilité en BNC étant souvent tenue selon les encaissements et les décaissements, la dépense est retenue l’année de son paiement effectif. La TVA suit les règles évoquées plus haut : un consultant assujetti la récupère, alors qu’un praticien de santé exerçant une activité exonérée la supporte et déduit le montant toutes taxes comprises. Si vous adhérez à un organisme de gestion agréé ou si un cabinet tient vos comptes, signalez simplement la nature de la dépense lors de la transmission de vos pièces, avec le contrat de location en appui.
Micro-entreprise et cabinet à domicile
Le micro-entrepreneur, qu’il relève du régime micro-BNC ou du micro-BIC, ne déduit pas ses charges réelles : l’administration applique un abattement forfaitaire sur son chiffre d’affaires, de 34 % en micro-BNC, censé couvrir l’ensemble de ses frais. La location de plantes n’a donc pas d’effet fiscal direct pour lui, même si elle reste une dépense utile pour son activité. Pour le professionnel qui reçoit dans un local situé à son domicile, seule la partie réellement affectée à l’usage professionnel peut donner lieu à déduction au régime réel : des plantes installées dans la pièce de consultation se justifient, celles du salon familial beaucoup moins. Dans ces configurations mixtes, la prudence commande de limiter la location aux espaces dédiés à l’accueil du public et de conserver une trace claire de leur emplacement. Le passage au régime réel, possible sur option, se discute avec un comptable lorsque les charges deviennent importantes, jamais pour une simple location de plantes.
Régime réel
- Loyers et entretien déduits pour leur montant réel
- TVA récupérable si l’activité y est soumise
- Pièces justificatives indispensables
Régime micro
- Aucune déduction des charges réelles
- Abattement forfaitaire sur le chiffre d’affaires
- TVA non récupérable en franchise en base
Quelles limites pour déduire une location de plantes ?

Si la location de plantes est une dépense courante et généralement admise, quelques situations appellent la vigilance. L’administration fiscale peut toujours remettre en cause une charge dont l’usage professionnel n’est pas établi ou dont le montant paraît hors de proportion, et un contrôle porte en principe sur les trois années précédentes. Les risques concernent surtout les dépenses qui bénéficient à titre personnel au dirigeant, les végétaux offerts, et les confusions entre location et achat. Aucun de ces points n’est rédhibitoire : il suffit en général de bien qualifier la dépense dès le départ, avec une facture précise et un contrat qui décrit les lieux équipés, et de laisser votre comptable arbitrer les cas limites. Vérifiez aussi que le contrat est établi au nom de la structure qui paie, et non au nom personnel du dirigeant, faute de quoi la déduction devient nettement plus délicate à défendre en cas de contrôle.
Dépenses personnelles, événements et cadeaux
Des plantes louées pour le mariage du dirigeant ou pour sa résidence restent des dépenses d’ordre privé, même payées par la société, et ne sont pas déductibles. À l’inverse, la location de végétaux pour un salon professionnel, un séminaire, une inauguration ou une soirée destinée aux salariés et aux clients se rattache à l’activité et se traite comme une charge, parfois dans les frais de réception ou de foires et expositions selon la présentation comptable. Les plantes offertes à des clients ou des partenaires relèvent des cadeaux d’affaires : la dépense est déductible si elle sert l’entreprise, mais la TVA n’est récupérable que pour les cadeaux de faible valeur, dans la limite de 73 euros TTC par bénéficiaire et par an. Au-delà d’un certain montant annuel, les cadeaux doivent aussi figurer sur un relevé détaillé des frais généraux. Le traitement dépend donc moins des plantes que du contexte de leur location.
Location, achat ou location avec option d’achat
Le choix entre louer et acheter change la façon dont la dépense apparaît dans les comptes. En location simple, les loyers sont des charges immédiatement déductibles, sans immobilisation. En cas d’achat, les plantes et surtout les bacs de valeur peuvent, selon leur montant et leur durée d’utilisation, être inscrits à l’actif et amortis, ou passés directement en charge lorsqu’ils relèvent de la tolérance applicable aux biens de faible valeur unitaire, souvent citée pour un seuil de 500 euros hors taxe. Le caractère vivant et périssable des plantes rend d’ailleurs ce classement moins évident que pour du mobilier. Une location avec option d’achat suit un schéma intermédiaire : les loyers sont en principe déductibles pendant le contrat, puis le bien entre dans le patrimoine si l’option est levée, pour sa valeur résiduelle. Seul votre comptable peut dire quelle solution optimise réellement votre situation, sachant que le coût global sur plusieurs années compte autant que l’effet fiscal.
Justificatifs et rôle de l’expert-comptable
La meilleure protection reste un dossier bien documenté : contrat de location ou d’entretien, devis accepté, factures mentionnant le détail des prestations, le montant hors taxe et la TVA, éventuellement des photos des espaces équipés. Ces pièces se conservent dix ans au titre du Code de commerce. Lorsque vous demandez des devis via Location Plante, les professionnels du réseau qui vous répondent établissent leurs propres propositions et factures, qu’il est utile de transmettre telles quelles à votre cabinet. Les informations de cet article sont générales, ne tiennent pas compte des évolutions législatives postérieures à sa rédaction et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé. Votre expert-comptable, qui connaît votre statut, votre régime de TVA et vos autres dépenses, reste l’interlocuteur à consulter avant de signer un contrat important ou pour valider l’imputation d’une première facture. Un simple échange avec lui suffit souvent à lever un doute sur un cas particulier. Si vous hésitez encore sur la formule, notre comparatif pour louer ou acheter des plantes en entreprise vous aidera à trancher.

